Prendre soin de soi sans culpabiliser quand on porte beaucoup.

Prendre soin de soi…

Rien que ces mots peuvent parfois faire naître une forme de culpabilité.

Quand on est maman, quand on prend soin des autres, quand on porte beaucoup…
penser à soi passe souvent en dernier.

Et pourtant, ce sentiment de fatigue, de lassitude, de trop-plein émotionnel est bien là.

Si tu te reconnais dans ces mots, sache une chose importante :
tu n’es pas seule.

Pourquoi on culpabilise autant?

Les femmes ont appris à faire passer les autres avant elles.

Être une “bonne maman”.
Être une “bonne aidante”.
Être une “femme forte”.

Souvent, sans même s’en rendre compte, elles avancent avec cette phrase intérieure :

« Je n’ai pas le droit de penser à moi. »

Beaucoup de femmes pensent que prendre soin d’elles, c’est enlever quelque chose aux autres.

Pendant plusieurs années, j’ai travaillé comme préparatrice en pharmacie.
Et au-delà des ordonnances et des traitements, ce que je voyais surtout, jour après jour,ce sont des femmes fatiguées.

Des mamans.
Des aidantes.
Des femmes qui prenaient soin de leurs enfants, de leurs proches, parfois d’un parent malade…
et qui, presque systématiquement, se mettaient en dernier.

Très souvent, elles tenaient debout coûte que coûte.
Elles faisaient “ce qu’il faut”.
Elles avançaient, la tête baissée, sans s’écouter.

Quand je leur disais qu’elles avaient l’air épuisées,
la réponse était presque toujours la même :
« Oui, mais il faut bien… »

Il faut s’occuper des enfants.
Il faut être forte.
Il faut aider.
Il faut tenir.

Et derrière ce “il faut”, il y avait surtout une chose :
l’oubli total de soi.

Ces femmes n’étaient pas faibles.
Elles étaient au contraire très investies, très dévouées, très présentes pour les autres.
Mais à force de toujours passer après, le corps et l’esprit finissaient par s’épuiser.

Je leur disais souvent quelque chose de très simple, sans jugement :

« C’est tout à votre honneur de prendre soin des autres.
Mais si vous tombez, qui s’occupera d’eux ? »

Ce n’était pas pour faire peur.
C’était pour rappeler une réalité que beaucoup refusent de regarder :
on ne peut pas aider durablement quand on est vidé, épuisé, à bout.

Ce schéma, je l’ai vu des centaines de fois.
Et je l’ai vécu aussi.

Parce que non, prendre un peu de temps pour soi n’est pas égoïste.
C’est souvent ce qui permet de continuer à avancer sans se perdre.

À force de toujours se mettre en dernier,
beaucoup de femmes finissent par ne plus se reconnaître.
Et c’est là que le corps, le mental, les émotions commencent à tirer la sonnette d’alarme…

Ce que ça coûte de toujours se mettre en dernier

À force de toujours penser aux autres avant soi, quelque chose finit souvent par se passer à l’intérieur.

Ce n’est pas forcément brutal.
Ce n’est pas toujours visible tout de suite.
C’est souvent silencieux.

On se sent plus fatiguée que d’habitude.
Moins patiente.
Plus irritable parfois, ou au contraire complètement éteinte.

Certaines femmes m’on dit qu’elles avaient l’impression d’avancer en mode automatique.
De faire ce qu’il faut, encore et encore, sans jamais vraiment se poser.

Le corps commence alors à envoyer des signaux.
Une fatigue persistante.
Des tensions.
Un sommeil moins réparateur.
Des émotions qui débordent sans trop savoir pourquoi.

Et souvent, au lieu de s’écouter, on se dit :
« Ça ira mieux plus tard. »
« Ce n’est pas le moment. »
« Je verrai quand j’aurai plus de temps. »

Mais ce “plus tard” a tendance à reculer sans cesse.

À force de se mettre de côté, ce n’est pas seulement l’énergie qui diminue.
C’est aussi la joie, l’élan, l’envie.
Cette petite étincelle qui fait du bien et qui donne le sentiment d’exister autrement que par ce que l’on fait pour les autres.

Et là encore, ce n’est pas une question de faiblesse.
C’est simplement humain.

Personne ne peut donner indéfiniment sans jamais se remplir.
Personne ne peut porter autant sans, un jour, ressentir le poids.

Reconnaître cela, ce n’est pas abandonner qui que ce soit.
C’est commencer à se respecter un peu plus.

Prendre soin de soi, ce n’est pas abandonner les autres.

Et si, finalement, prendre soin de soi n’était pas un luxe…
mais une manière de rester debout, pour soi et pour les autres ?

Prendre soin de soi est souvent perçu comme quelque chose d’égoïste.
Comme si penser à soi voulait dire penser moins aux autres.

Et pourtant…

Prendre soin de soi, ce n’est pas se détourner de ceux que l’on aime.
Ce n’est pas les laisser tomber.
Ce n’est pas renoncer à ses responsabilités.

C’est simplement reconnaître que l’on est aussi un être humain,
avec des besoins, des émotions, des limites.

Quand on est maman, aidante, ou simplement très investie pour les autres,
on a tendance à croire qu’il faut toujours tenir.
Toujours être forte.
Toujours faire passer le reste avant soi.

Mais prendre soin de soi, ce n’est pas arrêter de donner.
C’est se donner les moyens de continuer, sans s’épuiser complètement.

C’est comprendre que si l’on tombe,
si l’on s’effondre,
si l’on n’écoute plus ses propres signaux,
alors tout devient plus lourd.

Penser à soi, ce n’est pas être moins présente pour les autres.
C’est souvent ce qui permet d’être plus juste, plus disponible, plus alignée.

C’est aussi montrer, parfois sans même s’en rendre compte,
que l’on a le droit de s’écouter.
Que l’on a le droit de se respecter.
Et que cela n’enlève rien à l’amour que l’on porte aux autres.

Prendre soin de soi, ce n’est pas abandonner les autres.
C’est rester debout.
Pour soi.
Et pour eux.

Si tu lis ces lignes et que quelque chose résonne en toi,
alors prends-les comme une invitation.

Une invitation à t’écouter un peu plus.
À te rappeler que tu comptes aussi.

Si tu te reconnais dans ces mots,
alors prends-les simplement comme une présence.

Un rappel que tu n’es pas seule.
Que ce que tu ressens est légitime.
Et que tu as le droit, toi aussi, d’exister autrement que par ce que tu donnes aux autres.

Ce blog est né pour ça.
Pour mettre des mots sur ce que beaucoup vivent en silence.
Pour créer des espaces de respiration, de réflexion, de douceur.

Il n’y a rien à faire.
Rien à changer tout de suite.
Juste peut-être… commencer à s’écouter un peu plus.

Parce que prendre soin de soi, ce n’est pas abandonner les autres

Aurélie – Photographe de portrait féminin et de famille
Un moment pour vous

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